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Résumé de l'article


Longin F. (2009) "Expliquer la crise actuelle : le changement du business model des banques" Le leadership responsable. Un allié sûr contre la crise, Ed. ESSEC, pp  225-232.


La crise actuelle peut sans doute être expliquée par de nombreux facteurs dont la convergence a produit la situation qui se déroule depuis 2007. Cet article insiste sur le changement de business model des banques qui peut constituer une des origines de la crise.

Dans le business model classique des banques, les banques assurent un rôle de commercialisation du crédit mais aussi et surtout un rôle de production du crédit en conservant les crédits jusqu'à leur maturité. La réglementation bancaire (Bâle) impose aux banques de maintenir un niveau de fonds propres proportionnel aux risques pris (notamment le risque de crédit), ce qui a pour conséquence de limiter l'octroi de futurs crédits par la banque et donc de limiter les risques pris. La titrisation, qui est une technique financière permettant de transférer des actifs peu liquides du bilan d'une banque à des investisseurs, a permis aux banques de se libérer de la contrainte imposée par la réglementation en matière de fonds propres. Les fonds récoltés suite à la cession des prêts ont en effet permis aux banques de reconstituer leurs fonds propres comme l'illustre la figure ci-dessous.

Le concept d'aléa moral (moral hazard) désigne une modification du comportement des agents économiques en termes de prise de risques. Dans le business model traditionnel de distributeur / producteur, la banque avait tout intérêt à bien sélectionner ses clients en termes de risques car en cas de défaut, c'est elle qui allait devoir supporter le risque (perte dans son compte de résultat). Dans le nouveau business model de distributeur, la banque avait beaucoup moins d'intérêt à bien sélectionner ses clients en termes de risques car en cas de défaut, ce sont les investisseurs (acheteurs des tranches plus ou moins risquées des SPV émis suite à la titrisation) qui allaient devoir supporter le risque.

La réglementation bancaire a conduit les banques à développer la titrisation ce qui s'est traduit par un changement progressif de leur business model. Passant d'un modèle classique distributeur/producteur à un modèle de simple distributeur, les banques ont moins supporté le risque de défaut des clients à qui elles prêtaient. Etant moins sensibles au risque, elles ont prêté moins d'attention à la sélection de leurs clients en termes de risques, ce qui a entraîné la prise de risque excessive que l'on a connu sur le secteur des prêts immobilier à risque aux Etats-Unis (subrpime).


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